


Copyright © 1996, Cathy Bard,
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Le contrôle primaire existe. Il est là, potentiel. Et il peut satteindre par différents moyens. Le but étant toujours le même, retrouver un bon fonctionnement, retrouver le contrôle primaire, il suffit de choisir ses moyens. Et ils sont nombreux. Alexander en a développé certains, ses successeurs en ont amplifié la gamme. Si certaines différences existent entre professeurs, il est clair que ce nest pas sur le contrôle primaire, qui est un état de fait, mais sur les moyens pour y parvenir.
Les moyens que nous allons choisir ou développer, vont dépendre pour chacun dentre-nous de nos besoins propres, de notre histoire, de notre vécu...
Certains professeurs parviennent au contrôle primaire en parlant de muscles, dautres dos, dautres de support, despace, de perception ou de direction, ou de relation tête-cou-dos...
Finalement ce que nous allons choisir au travers de ces moyens, cest la façon de penser et de vivre la Technique Alexander.
Dans quelle qualité dêtre nous amènent les moyens utilisés?
Ce que je propose de vous faire partager aujourdhui, est lun des aspect de mon travail, et une réflexion sur un facteur naturel qui stimule de façon inconsciente le bon fonctionnement du contrôle primaire.Je vous invite donc à aborder la Technique Alexander selon un principe de vie. Un principe de vie qui conditionne toute lorganisation de lêtre. Ce principe de vie, cest le désir.
Si notre corps est dans le non- faire, et si nous avons un désir assez fort et déterminé, alors tout notre corps sorganise selon le contrôle primaire, instantanément. Et ceci sans observation, ni intervention consciente sur lorganisation de notre corps.
Dans cette approche les moyens ne relèvent pas dune observation ou dune connaissance anatomique, ils sont en relation directe avec la réalité, avec linstant de vie - Un besoin pour moi qui vient du théâtre, un choix sur la façon dintégrer la technique Alexander au quotidien, dans chacun de mes actes. Dans la vie quotidienne ou sur scène, jouant un personnage, nous sommes dans laction. Le musicien est avec sa musique. Nous sommes mus par un intérêt et non par lobservation de nous-mêmes.
Le chat est prêt à bondir. Le corps souple, sans tensions, en éveil, perceptif, il attend. Tout son désir est dirigé vers sa proie. Il retarde le moment de bondir attendant la meilleure occasion. Son désir est toujours présent et fait comme un va-et-vient dans son corps. A linstant où la proie devient accessible, le désir de bondir saccroît, se libère dans un corps souple et entraîne le chat dans laction.
Le corps est le véhicule de laction. Le désir (lenvie de) est le moteur de laction. Avant de poursuivre, voici une petite précision sur lessence du désir dont je parle. (Car tout être vivant a des désirs, quil soit encombré de tensions ou pas, que son organi-sation soit défectueuse ou pas). Dans la situation que nous envisageons le désir naît de lintervention du "sujet désirant" et non pas du corps. Le désir ne produit aucune réponse musculaire volontaire. Cest une opération "chimique" qui se produit. Nous pourrions dire que le messager du désir est un agent "secret". On ne voit que le résultat, lopération nous reste inconnue.
Au moment précis où la force du désir (libéré de toutes tensions musculaires), organise lêtre, la tête va vers lavant et vers le haut, nous obtenons un alignement du dos, les jambes suivent, la tête guide...Nous retrouvons toutes les données de la technique Alexander. Mais ce nest pas nous qui les mettons en place, cest la qualité de notre désir qui le fait pour nous.
La description du processus pourrait se résumer à ceci:
Etre dans le laisser-faire (le professeur sert de guide par le toucher et par les conseils donnés). Laisser venir les images de ce que lon voit dans nos yeux, laisser venir les sons dans nos oreilles, laisser le contact de ce que lon touche sétablir...(Il sagit de voir plutôt que de regarder, dentendre plutôt que découter, dêtre en contact plutôt que de toucher). Plus la personne devient un être perceptif, en bonne relation avec le monde extérieur, plus son fonctionnement physique et psychique est libre de tensions.
Inhiber les tendances les plus habituelles.
Avoir le désir de se lever, de sasseoir ou de rester simplement là, sans entraîner dimplications et de tensions musculaires, en restant un être perceptif. Le professeur sera là pour éviter que la personne ne reproduise ses tensions au moment du désir de laction.
Lorsque lintention et le désir organisent le corps, entrer dans laction en renouvelant notre désir.Souvent, lorsque la personne désire entrer en mouvement, toutes les tensions habituelles reviennent. Lorsque la personne sapproche dun état sans tensions, alors le désir de mouvement sestompe et disparaît. Le travail est alors dexpérimenter toutes ces qualités, et de passer de lune à lautre, pour pouvoir associer un désir daction, dans un corps sans tensions.
Quand il y a transformation, organisation, il y a sensation corporelle. A ce moment-là, il faut éviter de tomber dans la sensation ou lobservation, et renouveler le désir. Cest lui, le moteur, et cest lui qui nous fera rester dans une dynamique.
Nous pouvons partir dune détente musculaire pour laisser vivre nos désirs daction. Mais le processus semble fonctionner à double sens car le désir par son essence est également un principe unificateur qui apporte la détente. Lêtre désirant est présent au monde à linstant présent, dans une réalité, sans observation de soi. Et lorsque la personne alimente son désir de mouvement, le professeur sent naître sous ses mains la puissance daction et la totalité de lêtre agissant, et non pas une simple organisation corporelle.
Cest le désir dans un corps sans tensions qui nous donne une bonne utilisation de nous-mêmes. Peu importe la nature de notre désir. On peut désirer rester sur place, marcher, sasseoir, que notre cheville soit mobile, aller acheter sa baguette pour le petit déjeuner, faire lamour avec son copain ou sa copine... Peu importe! Le résultat sera le même. Du moment où il y a désir dans un corps sans tensions, il y a organisation selon le contrôle primaire.
Nous arrivons facilement à la pensée en activité. Mettre un peu plus de désir dans ce que nous sommes en train de faire, et relâcher nos plus grosses tensions et voilà que nous faisons un pas considérable vers une meilleure organisation psychophysique, une meilleure utilisation de nous-même.
" La volonté et le désir représentent laspect supérieur et laspect inférieur dune seule et même chose, aussi importe-t-il que les canaux soient purs." A. Blavatsky.
La qualité du désir influe sur notre organisation, notre fonctionnement et lutilisation de nous même. Alors, quoi de plus normal que cette personne qui me dit: " Mais moi, mes tensions, celles que jai dans la vie de tous les jours, elles disparaissent dès que je peins ou que je suis sur scène." Cette personne étant animée dun désir et dun plaisir particulier lorsquelle peint ou joue, ne peut retrouver la même stimulation dans le quotidien. Quoi de plus normal que la personne amoureuse, pleine de désir, se révèle légère, pleine daisance et de présence. Quoi de plus normal que les enfants soient en général bien coordonnés, vifs, dynamiques, curieux, se permettant des chutes qui ne pardonneraient pas à un âge plus avancé, eux dont la grande majorité des actes sont mûs par le plaisir et le désir. La perte des désirs (enfant ou adulte) conduirait donc à la perte dune bonne organisation psychophysique, celle qui permet lexploitation de tous les potentiels, celle qui conduit à la réussite. Cela ouvre un large débat sur léducation des enfants, et la prise en considération de leurs désirs. Comment éduquer sans brimer lessence du désir?
Dautre part, quoi de plus normal, quà la génération "Bof", celle qui ne choisit pas, qui na pas envie, corresponde un physique écroulé et affaissé.
Sans pratiquer aucune technique, sans démarche particulière, de façon inconsciente, certains individus peuvent passer, selon les événements ou les moments de leur vie dune utilisation de soi défectueuse à une utilisation satisfaisante.
Il me semble important de comprendre quels sont les processus mis en route spontan-ément qui agissent de façon inconsciente. (A lévidence le désir est lun de ces processus). Ceci pour créer les liens entre la théorie, la pratique et le vécu de chaque personne, et pour enrichir lenseignement.
DESIR ET INTENTION
Certains diront pourquoi ne pas parler dintention puisque cest ce que faisait Matthias Alexander lorsquil demandait à la personne davoir lintention de sasseoir, sans le faire, pendant quil la guidait avec ses mains. La plupart du temps il mapparaît nettement, que la notion de désir éveille chez la personne quelque chose de beaucoup plus vivant, de beaucoup plus engagée que lintention. On peut le sentir sous ses doigts. Selon notre façon daborder les choses, une situation de "dépendance" peut naître entre la personne et le professeur. La personne attend quelque chose, elle se remet entre les mains du professeur. Si la personne désire entrer en action, elle est active, elle est maître de sa décision; autonome, engagée, et en accord avec elle-même. Le professeur lamène seulement à agir autrement, à exécuter son action différemment.
DESIR ET "WHISPERED "AH" ( le "A chuchoté")
En appliquant cette notion de désir à ma propre pratique de la Technique Alexander, je me suis aperçue que cela me conduisait sur le même chemin que le sourire intérieur quAlexander conseille dans le " A chuchoté ".( Le " A chuchoté "qui consiste à joindre , sur le devant, les dents de la mâchoire supérieure avec celles de la mâchoire inférieure,à avoir un sourire intérieur( une pensée agréable), à laisser la mâchoire souvrir sans effort musculaire, et à laisser sortir un souffle produisant un "A", ensuite, la machoire se referme et lair entre de lui-même dans la bouche.).
Il est étonnant de voir que le sourire intérieur est une indication qui napparaît que dans le "A chuchoté". Nulle part ailleurs dans la démarche de M. Alexander il nest question de cet état, de cette pensée qui nous fait plaisir. Dautre part, si Alexander pensait que le "A chuchoté" était une des choses les plus importantes à faire, cest bien que cela présentait un intérêt complet pour le contrôle primaire.
Or, vu le rôle que joue le désir dans la qualité de lorganisation de lêtre et de son unification, je pense que ce petit sourire intérieur glissé dans le "Whisper A" est beaucoup plus important quon ne le pense, quil joue un rôle déterminant dans le rétablissement du contrôle primaire.
LUNITE PSYCHOPHYSIQUE
Toute personne "sutilise". Chaque personne a un certain mode de fonctionnement dans chaque acte de sa vie; lorsquil sasseoit, marche, parle, court, lit... Ce fonctionnement peut être libre, naturel et harmonieux, ou défectueux, entrainant ainsi des douleurs, des tensions, physiques ou psychiques.
La personne qui a conservé un bon fonctionnement originel, cest à dire celui pour lequel nous sommes conçus, celui que nous possédons très jeune enfant, aura un bel alignement du dos, ses gestes seront libres et gracieux. Mais ce nest pas tout. Ses actes physiques, puissants ou légers, vifs ou lents, seront exécutés facilement, sans tensions ni douleurs. La personne réussira dans les apprentissages physiques mais aussi intellectuels, elle saura sadapter facilement, sera ouverte et établira une bonne relation aux autres. Elle sera à sa place, et en contact avec son en-vironnement. Malheureusement, peu de personnes gardent ce fonctionnement intact. Comment éviter de le perdre? Comment le retrouver? Bien rares ceux qui y ont été éduqués! Toujours est-il que ce fonctionnement est toujours présent en eux, mais quil a été étouffé, parasité, par des pressions de la vie, par des peurs, des accidents,( même bénins comme une entorse à une cheville ou un poignet), par le stress, par trop dheures passées assis, le manque de contact avec l environnement... La personne souffrira alors de maux physiques ( mal de dos, de genoux...), de tensions et malaises physiques mais aussi psychiques (tendance dépressive, timidité, bégaiement, mal dans sa peau, problème de communication...)
La vie sera devenue moins facile, parcourue par des embûches plus ou moins graves.
Le professeur de technique Alexander propose une méthode, une démarche, une éducation, pour retrouver et conserver ce fonctionnement originel; libre, naturel et harmonieux, permettant à chaque personne de vivre selon son plein potentiel physique et psychique.
Une particularité de cette méthode est de guider la personne au travers dactivités quotidiennes, comme marcher, sasseoir ou rester assis, écrire, porter un enfant..et au travers dactivités professionnelles, comme danser, jouer dun instrument, chanter, porter du poids, taper sur un clavier dordinateur...
La connaissance qui en résulte nest pas une séries dexercices, mais des repères personnels d attitudes bénéfiques, applicables dans la vie de tous les jours.
Cathy Bard
215 ave Pedro de Luna,
école Georges Simenon, 34070 Montpellier
Tel: +33 (0)4-67-69-03-5184
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