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En suivant le Fil d’Ariane

par Catherine Cohen Hadria


Je souhaite partager quelques réflexions qui sous-tendent aujourd’hui ma pratique de la méthode Alexander, de la danse et du chant.

Pour les chanteurs lyriques, il s’agit en premier de contenir le souffle : on positionne le corps de manière à toujours permettre l’ouverture suffisante des poumons à la base des côtes, à l’inspir comme à l’expir. Contenu, l’air devient source de plaisir, l’étonnement toujours renouvelé du chanteur.

L’attention au souffle se retrouve bien sûr dans la pratique des mouvements taoïstes, où l’homme apprend à recevoir et laisser circuler en lui le Souffle universel: le corps, comparé à une flûte de bambou, se laisse traverser et devient musique, extase.

Ces ouvertures à la respiration s’obtiennent indirectement grâce à une participation de toute la personne. Cela suppose une pensée apaisée, docile, accordée au corps - qui lui donne son accord. Une pensée qui sait accueillir l’événement en respectant les turbulences et les zones d’ombre. La respiration telle qu’elle apparait, comme la qualité du "contrôle primaire" pparaissent comme reflets du vécu.

Que faire avec les émotions au cours d’une leçon ALEXANDER? Elles sont tissées dans notre trame, fils plus ou moins clairs, fils d’or ou noeuds inextricables. On ne peut les dénouer, mais grâce aux outils de la méthode, sans jouer au thérapeute, aider l’élève à les accueillir, à mieux percevoir dans quels sens elles agissent, à les respecter lorsqu’elles viennent bloquer le flux respiratoire. Il s’agit bien sûr d’une amélioration de la perception que l’on a de soi. La nouveauté réside dans la possibilité de choix. Guidé, l’élève est pourtant laissé avec son choix qui peut se faire dans l’immédiat, ou survenir, plus ou moins distinctement, à un tout autre moment de la vie.

Rendues à leur mouvement, les émotions se diffusent et animent l’être global. Un des signes de cette vie retrouvée est la sensation que la personne a d’être elle-même. Lors d’une séance, c’est pour moi l’un des plus beaux cadeaux.

Si l’on réagit aux événements en fonction de sa propre mémoire et non en réponse à l’événement lui-même, Alexander nous a appris à revenir au présent grâce à des outils concrets. Les outils d’Alexander (Contrôle Primaire, Inhibition, Directions...) sont précieux une fois intégrés, et permettent de reconstituer un schéma corporel souvent endommagé qui constitue un vide négatif qui fait écran au monde. Pour certains, un usage erroné du corps les a conduit à une perception rébarbative d’eux-mêmes, issue de perceptions sensorielles durcies. La colonne vertébrale leur parait une tige de fer, d’autres ont une impression de vertèbres friables qui risquent de s’entrechoquer, d’autres encore se représentent leurs vertèbres en un empilement, rigide, statique, hors de leur contrôle. Bien entendu, c’est l’être entier dans son histoire, qui est touché. Un être d’émotions, de sensations, d’imaginations, de désirs. Le corps étant le plus apparent, c’est lui que l’on interpelle. Ainsi, pour avoir conscience de l’unité du dos, centrale dans l’équilibre du corps, de sa mobilité entre ciel et terre, un travail important se fait à travers les sens, suivant leur manière de relier la personne au monde par ce qu’elle reçoit et ce qu’elle exprime, ce qui la définit à tout instant en tant que sujet. Ainsi l’on tente de communiquer avec une personne, et non avec une organisation corporelle. Avec prudence, ouvrir les portes de nos sens, dissiper les craintes auxquelles on s’est identifié depuis la toute petite enfance, y compris les peurs héritées, pour se réconcilier avec la richesse des sens, sans s’y perdre, tout cela constitue une rééducation lente et progressive, menant à une réappropriation de son terrain.

On découvre alors que la multiplicité des informations reçues au quotidien n’est plus si déstabilisante ni source de conflits: il y a, en profondeur, un espace où ‘ça’ se passe, où le tri se fait de lui-même, où les décisions sont prises et d’où le verbe éclot. Avec la confiance que chacun gagne à réinvestir son propre terrain, on peut réapprendre à recevoir les événements du point de vue le plus central: bien qu’impalpable, c’est le point de vue le plus sensible, le plus vaste et le plus précis, le point de vue du coeur.

Alors se repose, de manière différente, la question des réalisations, des accomplissements. Alexander nous invite à nous intéresser à la façon d’accomplir. Pour réconcilier celui qui agit avec son outil et le matériau qu’il travaille. Réconcilier l’esprit du danseur, de l’acteur, avec son corps, avec les exigences de la chorégraphie ou de la mise en scène. Et retrouver le goût, le plaisir, des libres directions.

 


Respirer - Une Acte de Vie

par Catherine Cohen Hadria


Comment laisser la respiration animer le corps entier? Une des façons est de progressivement dénouer les noeuds installés, défaire les obstacles qui entravent la circulation naturelle.

Un des moyens est d’affiner notre sens tactile et kinésthésique: je réapprends à savoir et sentir ce que fait mon corps, ce que je fais avec mon corps. Y a t-il des zones occultées, non-conscientes, absentes? Y a t-il des zones surmenées, sur-sollicitées, saturées? Y a t-il des zones tabous, interdites, en exil?

On peut penser que ces "exilés" seront à leur tour générateurs de réactions, apparemment incongrues. Mais ce corps, le premier de mes biens, demande à être entendu, car c’est un organisme vivant. Alors on peut réapprendre à communiquer avec lui: je t’écoute.

Sans exiger, ni interdire. Je t’écoute. Je prends en compte ta façon de réagir, le temps qu’il te faut, les données matérielles, les émotions qui interfèrent et modèlent mes actions.

Mes demandes à ton égard, je réapprends à en être conscient(e). A les doser, pour les adapter à tes possibilités, aux possibilités du moment et du lieu.

Ce corps est vivant, il est fait pour vivre avec plaisir, goût, sensibilité.

 


Au sujet de l’auteur

Catherine Cohen Hadria
Route du Beaucet, Venasque, 84210, France
Tel: +33 (0)4-90-66-61-53


 

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